Edito du Président Fondateur
Jean-Claude Vallaeys (2003)

Nous sommes ceux qui ont mis "l'envers du Nord à l'endroit", des passionnés pour une course mythique, Paris-Roubaix, qui fait partie du patrimoine mondial du sport. La Pascale, la Reine, celle qui exige le plus des coureurs. Paris Roubaix est l'épreuve qui valorise une région qui, longtemps, a souffert de l'image de l'enfer datant de 1919, lorsqu'un journaliste de l'Auto reconnaissant le parcours aux routes défoncées par la guerre, déclarait "c'est l'enfer".

Aujourd'hui, l'image est devenue positive et tout le monde a compris que les pavés étaient le relief de notre plaine, comme le dit notre ami, Alain Bernard.

L'idée des Amis de Paris-Roubaix est née d'une constatation : Albert Bouvet, responsable du parcours au Journal l'Equipe depuis 1968, à la demande de Jacques Goddet, devait refaire le parcours de l'épreuve. C'est alors qu'il découvrit, avec l'aide de Jean Stablinski, la "Trouée d'Arenberg" à Wallers, en empruntant des routes départementales et des routes communales, les routes nationales n'étant plus pavées. Malheureusement, il devait continuer à changer de parcours tous les ans, surtout les années d'élections municipales, et en particulier dans le final du parcours, Paris-Roubaix était menacé par le macadam et l'urbanisation. De plus en plus, la goudronneuse faisait des ravages, comme un rabot qui aurait écrêté l'Izoard ou le Tourmalet, avant le passage du Tour de France. Exaspéré, Albert Bouvet déclarait "Bientôt, nous ferons Paris Valenciennes". Cette réflexion m'amena à lancer une campagne d'informations auprès des maires et des médias en 1978.

En 1982, nous sommes quelques amis à créer une exposition photos à la Maison du Nord - Pas-de-Calais à Paris, lors de l'année du patrimoine. Jean-Marie Leblanc que je "cornaque" amicalement, comme lui-même le dira, écrit son 1er livre "les Pavés du Nord", car cette épreuve c'est sa passion. De son côté, René Fallet m'écrit en dédicace de son roman "la soupe aux choux" dont il m'échange un exemplaire contre un pavé "sans pavé le Nord perdra à tout jamais le Nord".

En 1972, avec Louis Delobel, nous créons Paris-Roubaix Cyclotouriste qui rassemblera 7242 participants en 1980 et nous recueillons, avec les petits Paris-Roubaix, organisés à partir de Templeuve et Cysoing, avec le journal Nord-Éclair, sur l'itinéraire de la classique, plus de 10.000 signatures pour la défense des pavés et de l'itinéraire de la course qui n'en demeure pas moins menacé. Mais bientôt, les médias et hommes politiques se rallient à notre cause, ce qui nous incite à déposer les statuts d'une nouvelle association "Les Amis de Paris-Roubaix", dont sont membres Jean-François Pescheux, responsable du parcours actuel, et le Vélo-Club de Roubaix qui a créé Paris-Roubaix Amateurs en 1966, dont je suis un des membres fondateurs et secrétaire jusqu'en 2000. Paris-Roubaix VTT fut mis en place en 1989 par Daniel Verbrackel tandis que le Vélo-Club éditait également le premier livre de Pascal Sergent sur Paris-Roubaix et le vélodrome de Roubaix.

Aujourd'hui, nous sommes plus de 200 aficionados européens à valoriser l'épreuve, avec le concours d'ASO (ex Société du Tour de France). Le Conseil Général, le Conseil Régional, le Ministère de la Jeunesse et des Sports nous suivent car nous leur servons d'aiguillon. Une enquête sur la préservation des routes pavées de Paris-Roubaix est en phase terminale.

Paris-Roubaix n'est pas encore sauvé car nous souhaiterions la signature d'une convention de protection patrimoniale (nous avons renoncé au classement au titre des monuments historiques car cela s'est révélé trop long et trop compliqué), mais d'ores et déjà, avec les

Edito du 20 décembre 2002 - De Jean-Marie LEBLANC
Président d'Honneur des Amis de Paris-Roubaix

Les sportifs du Nord – et les autres ! – en rêvaient. Et voici que l’association opiniâtre et concrète de plusieurs bonnes volontés l’a fait : Paris-Roubaix n’est plus menacée par la disparition de nos chers pavés. Mieux, la « reine des classiques », qui enflamme notre région chaque année au mois d’avril, va retrouver une nouvelle jeunesse.

Les bonnes volontés ?

Celles du Conseil Général du Nord et de la Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports, qui ont impulsé une étude pour la sauvegarde des pavés du Nord : recensement des secteurs existants, détermination de ceux qui constituent l’itinéraire-type de Paris-Roubaix.

Et puis celles de l’association « Les Amis de Paris-Roubaix », jouant son rôle d’aiguillon ; celles des élus de la Porte du Hainaut qui, les premiers, avec le concours du Lycée d’Enseignement Professionnel Horticole de Raismes, ont entrepris la réparation d’une portion très dégradée du côté de Wallers ; et d’autres vont suivre…

Celles enfin des organisateurs de Paris-Roubaix – Amaury Sport Organisation – dont l’inlassable travail de persuasion a fini par payer : une très officielle convention de partenariat entre ces différentes entités est venue formaliser l’opération.

Demain, les pavés du Nord présenteront un visage restauré. Paris-Roubaix pourra de nouveau croire en son avenir. Notre patrimoine ainsi que le sport – de compétition mais aussi de loisir, car l’itinéraire sera à terme balisé – trouveront leur compte dans cette démarche exemplaire.

Exemplaire aussi sur le plan social car, des élus aux élèves, toute une chaîne de solidarité s’est établie consensuellement, pour mener à bien ce chantier d’inspiration authentiquement régionale.

Allons ! Dans ce pays, il y a toujours place pour le bon sens et l’efficacité, lorsqu’un objectif en vaut la peine. Jean-François Pescheux et moi en sommes ravis au nom de Paris-Roubaix. Merci et bravo aux sportifs du Nord !